La fin du moyen-âge

La fin du moyen âge : apparition des traités, des grands joueurs et des nouvelles règles

 

 

Le Civis Bononiae, (1450) d’origine italienne est un important recueil en latin de problèmes d’échecs, écrit par un auteur anonyme, (« le citoyen de Bologne »). Il traite également de nombreux jeux de table.

Le Roi Louis XI dans les salons de sa résidence de Plessis-Les-Tours.

(Miniature attribuée à Estienne Porchier, fin XVème siècle)

Francesh Vicent écrit en catalan un livre en 1495. Malheureusement disparu dans le saccage du monastère de Montserrat par les soldats de Napoléon en 1811, il était le premier ouvrage imprimé à faire état des nouvelles règles.

En effet, les règles telles qu’elles sont pratiquées aujourd’hui datent de la fin du moyen âge.

La modification des règles,en Espagne ou en Italie selon les sources, a sans doute eu pour but de rendre le jeu plus dynamique et plus rapide. Ainsi, les pions ont la possibilité d’avancer initialement de deux cases, les fous et la dame peuvent se déplacer a distance au lieu d’une seule case, la prise en passant est ajoutée. Le roque fait son apparition.

Luis Ramírez de Lucena (v.1465 – v.1530) fut un important joueur d’échecs espagnol compositeur d’études d’échecs. Il a écrit le plus ancien ouvrage imprimé sur les échecs, Repetición de Amores y Arte de Ajedrez, publié en 1497. C’est le premier traité d’échecs dont on ait conservé le texte. Il a donné son nom à la position de Lucena – bien qu’elle n’apparaisse pas dans son livre – très importante pour la fin de partie tour et pion contre Tour.

Luca Pacioli (1445 – v 1517) publie en 1500 « De ludo scachorum ». Ce livre découvert récemment (2006) est écrit par un mathématicien célèbre à l’époque, notamment auteur de la divine proportion (« De divina proportione »), élaboré dans une période de collaboration avec Léonard de Vinci.

Le manuscrit de Göttingen, en latin, écrit aux alentours de 1500 par un auteur inconnu (certains ont émis l’hypothèse qu’il s’agirait de Lucena lui-même) est un document de 33 pages qui expose différentes ouvertures et plusieurs problèmes. Il pourrait être une tentative de répandre les nouvelles règles hors d’Espagne.

Le jeu d’échecs, peinture italienne peinte en 1555 par une des premières femmes peintres, Sofonisba Anguissola(1535 – 1625), où sont représentées trois de ses sœurs.

Le plaisant jeu des Echecs, est un ouvrage publié en 1560 parGruget , Cl. (bibliothèque de Toulouse)

Pietro Carrera (1573-1647), publie en 1617 un traité : « Il Gioco degli Scacchi ». D’origine sicilienne, il fut l’un des premiers à avoir attiré l’attention sur la défense dite sicilienne (1.e4 c5).

 

 

Alessandro Salvio (1570 – 1640) fut un joueur italien considéré comme le plus fort joueur de son époque. Il instaura une académie italienne d’échecs et publia un livre « Trattato dell’Inventione et Arte Liberale del Gioco Degli Scacchi », en 1604.

On lui doit quelques contributions théoriques notamment dans le gambit du roi. La position de finale de tour + pion dite de Lucena doit en fait lui être attribuée.

Pedro Damiano (1480 – 1544) est un joueur portugais qui publie un traité en 1512. En 10 chapitres, il traite des règles, des ouvertures, une sélection de parties et de problèmes et également un chapitre sur les parties à l’aveugle. Damiano a condamné la défense dite Damiano comme mauvaise, mais l’ironie du sort a voulu que son nom fût donné à cette ouverture. On lui devrait cette remarque : même si vous avez un bon coup à faire, regardez toujours s’il n’y en a pas un qui lui soit préférable, ou encore : aucun coup ne doit être joué sans but.

Ruy Lopez de Segura (1540 – 1580) est un ecclésiastique espagnol qui fut considéré comme un des plus grands joueurs de son temps. Son traité Libro de la invención liberal y arte del juego del Axedre est publié en 1561. Il décrit l’ouverture espagnole (qui était cependant connue avant lui) qui est toujours actuellement une des ouvertures les plus jouées dans les tournois internationaux.

Traduction française du traité de Ruy lopez, publiée en 1609.

Giovanni Leonardo di Bona, (1542 – 1587) est un célèbre joueur calabrais. En 1560, il perd un match contre Ruy Lopez. Il gagna cependant le premier tournoi connu de l’histoire occidentale des échecs à Madrid, à la cour du roi Philippe II, en 1575, tournoi réunissant quatre joueurs dont Ruy Lopez.Ci-dessous : représentation de cette rencontre parle peintre Mussini Luigi (1886).

 

Horatio Gianuto della mantia publie en 1597 « libro nequale si tratta della maniera de giocare a sacchi »

 

Gioacchino Greco (1600 – 1634) (dit “le Calabrais”) écrit à l’age de 19 ans un traité “Trattato del nobilissimo gioco de scacchi “, considéré comme le meilleur traité du jeu d’échecs jusqu’à l’apparition du traité de Philidor au milieu du XVIIIe siècle. Il parcourt l’Europe, ce qui lui permet de battre les meilleurs joueurs du moment et de diffuser ses écrits. C’est un des premiers joueurs véritablement professionnel.

Il vint en France en 1621 et joua (et gagna !) contre Arnaud de Corbeville, Chaumont, le marquis de Saint-Sorlin ou le duc de Nemours, tous réputés bons joueurs.

Le traité est traduit notamment en français. Un exemplaire dédicacé par le traducteur Rageneau au ministre Louvois date de 1669, avec pour titre : « le jeu des eschets ». La dédicace est la suivante : “Ce jeu est une image de la guerre et si la Guerre a mérité d’être la plus noble de vos occupations, ce jeu mérite bien d’être le plus agréable de vos divertissements”

 

Shakespeare et Ben Jonson jouant aux échecs , (1604), de Karel van Mander (1548 – 1606)

Cette peinture a été très controversée. En réalité, s’il est probable que Shakespeare connaissait le jeu, on ne sait pas si la scène s’est réellement déroulée.